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A la place du coeur de Arnaud Catherine / #peace

En ce jour du 23 mai je souhaite avant tout avoir une pensée pour les habitants de Manchester, ceux qui étaient présents cette nuit au concert, ceux qui ont perdu quelqu'un, ceux qui ont peur. Je pense au monde, à la peur qui règne, je pense aux Hommes, à cette planète et à son avenir. Je pense à moi, seule dans mon canapé avec mon ordinateur. 
Je pourrais être eux.
Cette population qui souffre de la guerre, cette femme qui pleure sa fille qui a disparue cette nuit, cette jeune fille qui se bat pour être libre. Mais je suis là, sur mon canapé avec mon chat, mon thé et mon ordinateur. Je réalise la chance que j'ai. Alors oui, la vie n'est pas toujours rose et belle. Pourtant je suis en bonne santé, je suis dans un pays libre, dans un pays en paix, je ne manque de rien, alors je ferme les yeux et je prend conscience de la chance que j'ai de vivre aujourd'hui et maintenant. Juste la chance de vivre. Ce matin j'ai ouvert les yeux sur l'horreur, j'espère les fermer ce soir avec un message de paix. Puisque nous sommes tous humains, tous les mêmes. 

Je prend donc la décision de vous parler aujourd'hui du second tome de Arnaud Catherine, A la place du coeur, poignant et terrible, déchirant et magnifique. Comment mettre par écrit la violence des attentats pour un public de jeunes adultes. La question reste suspendue, difficile de trouver les bons mots. Et pourtant Arnaud Catherine nous permet de le comprendre.

« La fin de l'année 2015 arrive à grands pas. Je me suis souvent demandé ces derniers mois : j'ai quoi à la place du coeur ? À la place du coeur, j'ai toi. » 
Cette saison est celle de l'éprouvant retour de Caumes à la vie. Il est raconté par son cousin, Niels, depuis la côte Atlantique : tout un été à tenter de sortir Caumes de sa torpeur muette et rageuse. Puis c'est Esther qui prend la parole : elle dont Caumes s'est peu à peu éloigné ; elle dont l'amour ne lâche pas ; elle qui, faute de pouvoir tourner la page, s'est persuadée qu'un après était possible dans ses bras. Mais ces jeunes adultes sont aussi les enfants de novembre, les enfants du Bataclan, du Carillon, du Petit Cambodge. La vie n'a pas fini d'être mise à l'épreuve. La vie n'a pas fini d'être à réinventer.


On retrouve Caumes, dévasté par les événements de janvier 2015. On rencontre d'abord son cousin, Niels, premier narrateur de ce second tome. On découvre un jeune homme, sensible, drôle, libre et déstabilisant par sa sincérité. 
Il y a trois grandes narrations dans ce second tome, la première est donc tenue par Niels. L'auteur nous fait découvrir différents points de vue. 
Caumes reste ce personnage atypique, bien plus agaçant que dans le premier tome, nous avons du mal à le cerner (en tout cas j'ai eu du mal à le comprendre, notamment lors de la scène de sexe lors de la fête en bord de mer avec son cousin !). Il est seul, dépressif et totalement désabusé par la vie. Il tente de faire face comme il peut avec les armes qu'il a, il se referme, disparaît petit à petit. 
Puis il y a Ester, toujours aussi gentille et douce. Mais elle aussi, totalement transformée par les événement de janvier 2015. Elle a envie de reconquérir le monde, de sauver Caumes, de se sauver peut être un peu moins, sombrant petit à petit dans une véritable souffrance. Elle a envie d'avancer, de devenir quelqu'un, avec de grandes et belles idées. 
On les retrouve tous les trois dans les rues parisiennes de septembre 2015, les grandes études, la nouvelle vie qui les attend et l'envie de changer. 

On sait tous ce que nous faisions approximativement lors de Charlie Hebdo, mais je sais encore plus ce que je faisais le 13 novembre 2015. Je me rappel de ce réveil par hasard dans la nuit. Du message d'une amie, presque paniquée, pour me dire de regarder la télé, qu'il y avait eu un terrible attentat à Paris. J'aurais pu être Caumes, Niels ou encore Ester, à Paris par une douce soirée de novembre à boire une bière dehors avec des amis. Je n'ai rien fait du week end. Rien d'autres qu'écrire. 

Je crois que ce second tome m'a encore plus transporté que le premier. On comprend le choix du titre, mais également le choix de la narration. Un roman pour jeunes adultes et adolescents, parfaitement mené. 

La fin du roman est magnifique. Je crois que Arnaud Catherine n'aurait pas pu faire passer plus beau message que celui ci. Il faut vivre. Aimer. Rire. 
Un jour, la joie, le bonheur et l'amour feront la peau à la peur et la violence. 

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